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Plus de 80 ans après la découverte de l'Insuline, le traitement du diabète insiilino-dépendant par multi-injections, malgré des progrès indéniables, reste imparfait, et contraignant.
Imparfait, car l'intermittence des injections ne peut prétendre mimer la sécrétion physiologique d'insuline caractérisée par la précision fine et modulable de son débit de base et la souplesse de sa réactivité aux intenses fluctuations glycémiques.
Contraignant, comme en témoigne le vécu de nombre de diabétiques qui se satisfont mal du rite perpétuel de l'impératif horaire des injections et des repas auquel ils doivent se soumettre sans compter les correctifs insuliniques instantanés qu'il faut y ajouter.
Ces diabétiques désirent bénéficier d'une thérapeutique quotidienne plus respectueuse de leur qualité de vie et limitant les contraintes envahissantes du fait des multiples retouches et ajouts inhérents à la réactivité thérapeutique.
Pourquoi donc en France, les diabétiques de type 1 sont-ils moins souvent traités par pompe à insuline externe que dans la plupart des autres pays européens? La question mérite d'être posée et en soulève d'autres.
D'abord reconnaît-on suffisamment les limites et insuffisances des multi-injections chez les diabétiques en échec? Par exemple, lorsque persiste un taux élevé d'HbAlc et plus encore en présence d'une variabilité glycémique déstabilisante avec son lourd "tribut" d'hypoglycémies incompatibles avec une qualité de vie acceptable? Ne retardons-t-on pas alors trop, voire définitivement, l'essai d'un traitement par pompe?
Ne décrète-t-on pas encore trop souvent ce qui
, convient au patient sans l'avoir informé de façon
approfondie sur l'accessibilitébilité aux deux formes d'insulinothérapie?
Enfin, donne-t-on à ce diabétique une|
alternative aux multi-injections en lui offrant l'opportunité et les moyens d'accéder par un parcours plus simple à la gestion sereine d'une thérapeutique par pompe, si besoin en lui permettant de la tester sur une période de quelques semaines ?
En fait, la réponse à ces questions implique l'évolution des conduites informatives et éducatives en abandonnant l'idée que le thérapeute peut se substituer au patient diabétique pour préjuger de l'évolution de sa motivation, de ses aptitudes en devenir, de son vécu, et de la manière dont sa vie bénéficiera ou non d'une thérapeutique ou d'une autre.
Avant d'être diabétique, le patient est une personne avec ses priorités, ses besoins, un rythme de vie et des horaires qui lui sont propres. L'écoute attentive de ses attentes doit conduire à lui présenter, sans parti pris sa capacité d'adaptation, les deux formes de traitement disponibles. Ainsi lui offerte une meilleure chance d'accepter à long terme celle qui lui convient écartant celle moins compatible à ses yeux avec la flexibilité et la liberté de vie auxquelles il aspire. En se confiant à leurs médecins, les diabétiques leur font confiance ; en retour, ceux-ci doivent leur accorder la leur, tout simplement les laissant décider après les avoir "éclairés" de façon objective suri potentialités respectives des deux types d'insulinothérapie.
Par la suite, l'incitation et l'accompagnement attentif, le suivi des résultats
métaboliques et de la qualité de vie seront là pour dire si ce choix est le bon à
long terme ou s'il doit être remis en question.
Professeur Jacques BRINS
Maladies Endocriniennes
CHRU MONTPELLIER
Croire en la technologie, en la modernité,en la médecine... Oser rompre avec le passé, bouleverser le quotidien souvent inconfortable mais tellement sécurisant, décider d'une autre vie !
Dr Saïd BEKKA
Endocrinologue, diabétologue
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