ALLOCATIONS

ALLOCATIONS
Il est important de rappeler de toutes façons les termes de la loi concernant l'AEEH :
La dernière loi de référence est celle de janvier 2005 pour les enfants handicapés. Et le premier point est bien entendu l'acceptation du terme pour son enfant. Cet adjectif qui peut sembler
anodin pour un individu lambda, est souvent douloureux, dérangeant, perturbant ou surprenant pour les parents concernés. Mais c'est seulement si la famille a accepté ce qualificatif qu'elle peut soumettre son dossier à la Commission des Droits et de l'Autonomie.
Cette C.D.A. opère dans des structures appelées Maison Départementale des Personnes Handicapées (ex C.D.E.S.). Ces maisons existent dans tous les départements depuis le 1er janvier 2005.
La C.D.A. base ses décisions sur la détermination du taux d'incapacité de l'enfant. Pour bénéficier d'une allocation, il faut que le handicap soit supérieur à 50%. Le nom de cette allocation est l'Allocation d'Education de l'Enfant Handicapé. Elle est indépendante des ressources et attribuée dès que le degré d'incapacité dépasse 50%... et justement en application de barèmes antérieurs à 2005 , la C.D.A. va souvent utiliser le fait que le diabète est équilibré pour justifier la non-attribution de l'allocation.
Il existe des compléments à cette allocation qui permettent de compenser les conséquences du diabète sur la vie quotidienne et ouvrent un «Droit à Compensation». Cependant, il faut pouvoir
apporter des «preuves» de cette nécessité :
- être dans l'obligation d'embaucher quelqu'un au moins sept heures par semaine ou avoir dû diminuer son temps de travail de la même valeur
- avoir eu des frais liés à la maladie (chiffres disponibles auprès de la MDPH).
Quand il y a un refus de la part de la C.D.A., il ne faut pas hésiter à faire un recours en notifiant (à nouveau, si cela a déjà été fait) les conséquences du diabète sur la vie au quotidien et,
pourquoi pas, joindre une lettre de l'enfant lui-même dans laquelle il exprime son ressenti par rapport à la maladie. L'idée est de justifier la demande de l'application du «Droit à Compensation » qui existe dans la loi de 2005. Ce droit est déjà appliqué pour les adultes.

Vous pouvez aller voir le site des Gillard "il nous pompe ce diabète", il y a tout un dossier sur leur parcours pour obtenir l'AES et un modèle de lettre pour justifier votre demande :

.

http://fam.gillard.free.fr/Documents/aes.pdf

Il existe aussi d'autres allocations :
- L'Allocation Journalière de Présence Parentale (ex A.P.P.) est attribuée par la C.A.F., donc indépendante de l'A.E.E.H. et elles sont cumulables. Pour pouvoir en bénéficier, il faut aller voir le médecin qui établit une estimation de la disponibilité du parent pour l'enfant diabétique (qui doit équivaloir à 200-300 jours de travail par an ...les chiffres différaient selon les intervenants). Cette allocation court sur trois ans maximum. Elle équivaut à un «crédit temps» : la C.A.F. fournit un papier que doit signer l'employeur du parent pour attester que cette «disponibilité» est réelle et qu `elle occasionne une perte de salaire. Il faudrait donc penser, au moment de la rédaction du P.A.I., à stipuler que le parent doit accompagner l'enfant pour les sorties. L'allocation apparaît alors comme une compensation pour perte de salaire.
Mais bonne nouvelle : il faut savoir que l'A.E.E.H. va changer au 1er janvier 2008 : elle ne devrait plus être soumise au taux d'incapacité ; mais seulement prendre en compte ce «Droit à Compensation».

Michelle Huillet


Témoignages : J'ai lontemps refusé de demander de l'aide (financière) à la CAF ou autre...
Mais aujourd'hui, un peu par obligation, j'ai fait un dossier d'AES, ça je crois que tout le monde connait, étant toujours au chômage, et pas prête de retourner bosser étant donner les sautes d'humeur du diabète, j'ai fait une demande d'APP.
Il s'agit de l'allocation de présence parentale (environ 860 euros par mois).
On y a droit un an et je crois qu'on doit faire revalider la demande tous les 3 ou 4 mois et le retourner à cette même CAF. Le dossier se retire à la CAF,il doit être rempli par le diabéto.IL faut que l'âge de l'enfant justifie une grande dispo de notre part; l'acceptation dépend aussi de chaque pathologie (diabète vraiment instable).Pour bénéficier de cette allocation, il faut ou cesser son activité (ou la réduire) ou être en chomage indemnisé.
Dernier conseil la CAF COMMENCE LES PAIEMENTS LE MOIS SUIVANT LA DEMANDE SOYEZ VIGILANTS POUR NE PAS PERDRE UN MOIS.


Je suis la maman d'une petite fille diabétique de 9 ans et demi et je perçois 150.00 euro de la CAF, ils ont mis six mois à prendre une décision. Mais j'ai perçu le retard. Je n'ai pas arrêté de travaillercar je suis seule pour élever mes enfants et j'ai quand même bénéficié de l'AES pour Emilie car elle a un diabète instable et demande une prise en charge psychologie importante et le placement en école privée. Il faut quand même faire une demande auprès de la caf même si on ne s'arrête pas de travailler.

Voulant assurer un repas équilibré le midi, nous conservons notre nourrice pour le midi et l'après-midi et ce pour l'année scolaire complète.Nous tenterons de redemander l'AES mais sans certitude de l'obtenir.
Pascale et Eric
Bonjour, pour compléter les infos déjà données (merci aux mamans qui ont répondues), vous pouvez aussi télécharger et imprimer la demande d'AEEH sur le site de la CAF.

http://www.caf.fr/formulaires/


N'hésitez-pas à en faire la demande, et même celle de présence parentale car elles sont cumulables.
Par contre je vous conseille de rajouter au dossier que vous enverrez une lettre de votre part en détaillant bien tous les soucis que vous rencontrez au quotidien( les hypers et les hypos que vous devrez chiffrer, les malaises plus sévères, les difficultés à gérer les petites maladies de cet âge, les problèmes avec la garde de l'enfant à l'école, cantine garderie du matin ou du soir, les pipis au lit, les problèmes d'autonomie ou de comportement...etc...).
Et vos soins quotidiens qui relèvent de soins infirmiers alors que vous ne l'êtes pas... l'impossibilité à cause de tout cela de continuer à travailler.
Et surtout dites bien à votre médecin d'insister sur le certificat médical sur le jeune âge de l'enfant et votre présence et disponibité obligatoire au cas où l'école vous appellerez.

# Online seit Dienstag, 28. Februar, 2006 um 10:22

Geändert am Montag, 19. November, 2007 um 04:12

REALITE DE LA VIE DE L'ENFANT DIABETIQUE

REALITE DE LA VIE DE L'ENFANT DIABETIQUE
Difficile de gérer les défaillances métaboliques !
Les composantes psychologiques peuvent, parfois, s'ajouter aux difficultés,
ou au contraire améliorer la prise en charge.
L'enfant en période d'évolution la plus active de sa vie est sollicité
par les besoins de son corps et les exigences de son psychisme.

Si le jour où le médecin annonce aux parents la présence d'un diabète insulino-dépendant chez leur enfant est à jamais gravé dans leurs mémoires, le jour où l'enfant, lui-même, comprend qu'il est malade et qu'il doit observer un traitement est au moins aussi capital dans son histoire.
Chaque membre d'une famille intègre à des rythmes et à des niveaux de compréhension différents ce que diabète insulino-dépendant veut dire.

Lorsqu'il vient pour la première fois à l'hôpital, l'enfant ne se sent pas malade ; il boit plus que d'habitude, urine plus, a perdu du poids. Des symptômes qui n'évoquent pas une maladie ; car pour l'enfant, être malade, c'est avoir de la fièvre, avoir mal au ventre ou à ta tête.
La banalité des symptômes de découverte face à ta gravité du diagnostic ne permet pas à l'enfant de saisir le sens et le vécu "maladie".

C'est très souvent la prise de sang, la pose de perfusion et la mise en place du traitement par insuline qui sont le premier vrai contact de l'enfant avec le diabète.
Cependant, habituellement, le traitement signe la fin toute proche des symptômes et de la maladie, ce qui n'est pas le cas du diabète.

Les enjeux du traitement sont bien différents pour les enfants et les adultes et aussi selon l'âge de l'enfant. En effet, les réactions et les comportements de ce dernier sont liés à son stade d'évolution intellectuelle. Ainsi, par exempte, très jeune, l'enfant ne peut pas maîtriser sa crainte de l'injection.
Vers 8-9 ans il peut prendre en compte d'autres éléments que cet acte en pensant que cela ne dure pas, qu'il a l'habitude, qu'il peut se détendre car cela fait moins mal.. .
L'enfant est loin de posséder la maturité intellectuelle nécessaire pour comprendre et raisonner sur le diabète et son traitement.
C'est pourquoi lui parler de sa bonne santé n'a pas les effets souhaités par les parents.
Se soigner en ne se sentant pas malade apparaît comme un malentendu de départ pour l'enfant. Agresser son corps par l'injection et de façon répétée est source de révolte.
La répétition quotidienne des gestes de soin est très souvent mise d'emblée en avant par l'enfant comme étant sa première difficulté à vivre avec te diabète.
Dire à un enfant qu'il aura un diabète toute sa vie ne lui transmet aucun message. Seuls des repères temporels et ponctuels ont un sens pour lui : « tu auras encore le diabète quand ce sera les grandes vacances, ou quand ce sera ton anniversaire... ».
Cependant, la répétition des glycémies, des injections..., l'arrêt du traitement impossible le conduisent à envisager peu à peu la chronicité de la maladie.
Très souvent parents et soignants sont surpris qu'un enfant semble découvrir une partie de son traitement et certaines conséquences des gestes de soin après 3 ou 4 ans de diabéte...
Certains soins étaient répétés et réalisés avec aisance mais non intégrés sur le plan intellectuel.
Ce n'est pas la recherche intellectuelle de sa pathologie que l'enfant souhaite, mais c'est plutôt la maîtrise de son corps, et plus souvent encore la décision de ses gestes de soin. Il voudrait ôter la rigueur, la répétition et le rythme.

Deux types de conduites extrêmes face au traitement incontournable : tentatives de fuite face au diabète.
- les oublis ponctuels ou répétés des glycémies et des injections. L'enfant peut avoir l'impression de trouver une liberté en annulant mentalement l'existence de la maladie, obligeant ainsi l'adulte à lui rappeler sans cesse son traitement.
- enfants qui se fixent de façon obsessionnelle sur chaque geste de soin, le réfléchisse et le raisonne. Ils développent chaque hypothèse face à un ou deux résultats d'analyse d'urine ou de sang. Ils aboutissent à des changements de traitement inutiles, des alimentations hyper-contrôlées, pesées... Ces comportements excessifs leur donnent la sensation de maîtriser la maladie, de ne plus subir et d'être plus fort que leur corps.

L'image de son corps invincible et infatigable est détruite. (« Je dois faire toujours attention à moi », « Je fais des trous dans ma peau »). A charge du parent de le mettre en situation de se prouver qu'il peut faire tout ce que les autres font dans des conditions quasi semblables.

Très souvent l'enfant se plaint que l'on pense d'abord à son traitement avant ses activités, ses projets, son organisation de la journée, ce qui lui ôte toute spontanéité et réduit son espace de vie (on me demande "combien tu as ?" avant de me dire bonjour, "fais ta glycémie" avant de me demander ce que j'ai fait dans ma journée).
Le diabète devient le repère de bonne santé de l'enfant jusqu'à parfois être le baromètre du bien-être général.

Plus difficile à gérer est l'inquiétude de l'entourage car l'enfant se sent parfois responsable de l'état moral de ses parents. Du point de vue de l'adulte, l'enfant aurait plutôt tendance à minimiser l'importance de son traitement voire à l'annuler.

ertains enfants recherchent des compensations, c'est-à-dire des moyens de combler ce qu'ils vivent comme un manque, comme un moins. Un de ces comportements est alimentaire ; L'enfant adopte une alimentation anar-chique , parfois boulimique, et orientée vers les aliments « tabous » du diabète.

Difficile pour un enfant d'être l'acteur et le responsable de sa santé actuelle et future.
Plutôt que responsable, il pourrait être, à certains moments, simple exécutant. Ce qui apparaît très important à cette période de la vie.
C'est pourquoi le partage des tâches : glycémie, injection, alimentation, analyse d'urine... et le partage des responsabilités s'imposent comme les moyens favorisant le mieux l'équilibre glycémique et l'harmonie affective des familles

Les relations familiales sont parfois tendues, voire interrompues, car les compromis , les concessions à propos du traitement ne sont plus possibles. Dans ces moments, les enjeux affectifs des parents et des enfants sont si différents que le diabète est le prétexte, l'otage pour s'affronter et surtout pour exprimer d'autres conflits .IL semble nécessaire, dans ces moments là, de redonner à chacun son rôle, et notamment de saisir l'occasion de resituer le médecin et de replacer la responsabilité du traitement entre ses mains. Les échanges, les rencontres, le soutien familial et médical doivent permettre la tri-angularisation des soins de l'enfant diabétique : famille, enfant, médecin ; et ainsi aboutir à un traitement de qualité, bien supporté par l'enfant.

Plus l'enfant grandit, plus il veut faire et décider seul et ceci pas seulement à propos du diabète et de son traitement. L'objectif final est l'autonomie qui est la capacité à agir et à penser seul son traitement et sa maladie. Ce dernier point faisant appel à un fonctionnement psychique.

D'après un article de Sabine RICARD MALIVOIR psychologue clinicienne

# Online seit Dienstag, 28. Februar, 2006 um 10:39

Geändert am Montag, 19. November, 2007 um 04:14

CONSEILS POUR LA VIE AU QUOTIDIEN

CONSEILS POUR LA VIE AU QUOTIDIEN
J'espère aider les familles à travers mon témoignage... même si j'ai eu peur parfois de les impressionner en racontant les péripéties que j'ai vécues avec Pierre.... mais tous les enfants ne sont pas aussi difficiles dieu merci !
Je suis maintenant en contact avec de nombreuses familles qui me remercient d'avoir écrit ce livre car je parle du quotidien que vivent tous les parents d'enfants diabétiques....
et mon langage n'est pas celui des médecins !

Le premier conseil que je donnerais est que votre enfant ne doit pas cacher sa maladie. Apprenez lui à ne pas s'isoler ni pour faire ses glycémies ni pour faire ses piqûres.
Passée la première curiosité les autres enfants l'accepterons parfaitement, ils le trouveront très courageux....
puis n'y penseront plus.
Il n'y a pas de honte, pas de faute. vous verrez à l'usage que, en général, ça n'intéresse même pas les autres lorsque vous faites une piqûre en public. Chacun est bien trop concentré sur sa propre histoire !

Pour les adultes qui doivent le prendre en charge (école, famille ...) c'est un peu plus compliqué car beaucoup ont "la phobie de l'aiguille" et le diabète inquiète plus parce qu'il se soigne avec des PIQÛRES que d'autres maladie.
Ainsi aucun enseignant ne refuse un enfant asthmatique en classe verte (alors qu'il y a un risque mortel en cas de crise d'asthme) mais certains enseignants sont terrorisés à l'idée d'emmener un enfant diabétique alors, et il faut bien insister sur ce point,qu' IL N'Y AUCUN RISQUE MORTEL EN CAS D'HYPO.
Même si personne n'est là pour resucrer le diabétique au bout d'un certain temps le corps fini par fabriquer du sucre par lui-même et le diabétique sort du comas...[/g]


En ce qui concerne l'avenir de votre enfant... (j'ai mis des années à le comprendre !) il ne dépend pas de la maladie mais de la façon dont on la gère !
Si votre enfant a une bonne HG (hémoglobine glyquée) il n'aura aucune séquelle due au diabète !
Ne croyais pas ce que vous allez voir dans les films et les feuilletons : les crises cardiaques, les jambes coupées, l'impuissance.... les médias confondent le diabète insulino dépendant (sans aucune séquelle s'il est bien suivi) et le diabète de type 2 (celui des personnes agées et des obèses) qui lui a souvent des conséquences dramatiques car il est découvert très tardivement (10 ans parfois plus après le début de la maladie) et le sucre a déjà eu le temps de ronger le corps avant que l'on commence le traitement. Pourquoi ? Parce que dans ce type de diabète le pancréas continue de fonctionner et le diabétique ne tombe pas dans un comas hyperglycemique... alors que dans le cas de nos enfants lorsqu'on découvre la maladie elle vient de commencer car le pancréas ne fonctionne plus du tout ou à peine (c'est ce qu'on appelle la lune de miel)... et les symptômes sont tout de suite évidents : envie de boire, urines abondantes... et finalement comas hyperglycemique.

Aujourd'hui Pierre vit assez bien son diabète.... bien sur il préférerait ne pas avoir à gérer ce problème mais il a compris que c'est comme ça et qu'il faut faire avec. [c=#ffcc00]Il se repose complètement sur moi quand il est à la maison (oublie ses glycémies et ses bolus....) mais se gère assez bien dès qu'il est à l'extérieur de la maison !
Mais c'est encore moi qui remplis le carnet (indispensable pour bien gérer la maladie)...[/c]
De toutes façons il est tellement content des résultats depuis qu'il est sous pompe et de la liberté retrouvée que cela ne pose plus de vrais problèmes.
Michelle Huillet

# Online seit Donnerstag, 02. März, 2006 um 04:12

Geändert am Montag, 19. November, 2007 um 04:19

LA MERE, L'ENFANT ET LES SOIGNANTS...

LA MERE, L'ENFANT ET LES SOIGNANTS...
Grâce aux progrés de la médecine, des enfants atteints de maladies autrefois mortelles peuvent aujourd'hui espérer mener une vie normale.[c=#ffee00] Mais on n'imagine pas toujours ce qu'ont à assumer les familles et les jeunes patients.
C'est la mère qui est en première ligne.
Chaque fois qu'un enfant est gravement malade, les familles sont conduites à s'impliquer dans les soins et accumulent un savoir parfois très «pointu».[/c] Elles ne peuvent donc imaginer que, dès le seuil de l'hôpital franchi, leur rôle va s'arrêter. Il ne faut pas nier l'aide concrète qu'apporte la mère quand elle prend en charge certaines prescriptions, quand elle marque son opposition à certaines situations. Vigilante comme une louve, elle pointe les «aberrations», relève les incohérences de la prise en charge de la douleur ...Il n'est pas facile d'assumer tous les rôles, car alors ce qui est dénié à la mère, c'est son besoin d'être elle-même soutenue et prise en charge.
Dès le premier contact avec le service hospitalier, on ressent un manque.
Ce «je ne sais quoi», comment le définir ?
Une aide concrète, une information pratique, une réassurance ; mais aussi des paroles d'accueil et un rapport humain qui contiendrait tous ces ressentis qui se bousculent. C'est tout à la fois un lieu pour «poser ses valises», et la définition d'une «place» où le parent pourrait exercer ses compétences.[/c]
Cela touche aux conditions concrètes de l'hospitalisation, il faudrait qu'il se trouve toujours quelqu'un pour prendre sur son temps et vous ouvrir son espace, qui interroge la mère sur ce qu'elle ressent. Par exemple la diététicienne qui offrirait une tasse de café sur un coin de bureau à un moment difficile, et qui deviendrait pour la famille la «nourricière de moral», élue avant tout pour sa qualité humaine et sa disponibilité...[/c]
La confiance se donne et se refuse d'un coup, à l'instinct. Dès les premières paroles échangées, tout est dit. Il y a, sans nuance, les bons et les mauvais, et c'est peut-être inévitable. La violence des affects est à la mesure de l'enjeu vital et chacun se sort comme il peut de cet exercice de communication à chaud. Il « faut faire avec » les mots techniques, les abréviations caractéristiques de l'argot hospitalier : langage fonctionnel et efficace, en prise directe sur le réel, mais sans affect.
Quand y a-t-il place pour un échange entre l'enfant et un soignant qui ne serait pas un soin au sens habituel, mais que l'on pourrait qualifier de soin relationnel ? Quel temps et quel espace pour le jeu, la chanson, le conte, l'imaginaire ? Est-il si difficile de comprendre que l'enfant a besoin d'élaborer psychiquement sa situation et que le jeu de la piqûre sur la poupée est thérapeutique ?
On s'émerveille souvent sur la capacité des enfants à résister aux épreuves, ce qu'on appelle parfois leur résilience. D'où vient cette force ?
Plus que dans la vie ordinaire on perçoit dans la maladie, que l'enfant est une personne capable de se représenter avec les moyens de son âge une situation qui le concerne, d'exprimer des opinions, de consentir ou de refuser, d'assumer ou d'appeler à l'aide, de réclamer le respect dû à sa personne et de discerner dans l'attitude d'un soignant quand ce respect lui est refusé.
Au total pourquoi est-il intéressant et utile de faire connaître ces expériences sous l'angle de ce que vivent les patients et leurs proches ? Parce qu'elles nous montrent que le «modèle biomédical», s'il rend compte de la rationalité des soins, ne permet pas de saisir toutes les dimensions de l'expérience vécue par l'enfant et sa famille. Dès lors, une grande part de cette expérience ne peut pas être partagée dans le cadre de l'hôpital. C'est probablement ce qui pousse certains à la rapporter. Par la fonction de porte-parole qu'ils assument, ils nous sont précieux.
Dr Didier C.


Allez lire l'opinion d'une jeune diabétique sur le rapport au soignant : http://diabetique.skyrock.com/14.html

# Online seit Samstag, 04. März, 2006 um 10:17

Geändert am Mittwoch, 28. November, 2007 um 16:53

CONCLUSION D'UNE MAMAN EPUISEE : témoignage d'une maman dont l'enfant n'est pas diabétique...

CONCLUSION D'UNE MAMAN EPUISEE : témoignage d'une maman dont l'enfant n'est pas diabétique...
Depuis neuf ans, j'accompagne Coralie dans sa maladie. Accompagnement de tous les jours, fait avec mes manques et mes angoisses.
Je fais ce que je peux avec l'instinct d'une louve.
Pendant de longues années, j'ai voulu être avec elle, à côté d'elle pour partager les soins qu'elle subissait. Je ne voulais pas qu'elle ait, en plus de la douleur, le sentiment d'être abandonnée.

Inconsciemment aussi, l'image de la mauvaise mère qu'elle risquait d'avoir m'était insupportable. Je suis donc restée à chaque soin, encore et encore, et j'ai vu au fil des semaines, des mois, des années, souffrir mon enfant. Les images se sont peu à peu inscrites en moi, gravées en moi.
Alors, j'ai surveillé tout geste inutile de la part des soignants. Mon métier d'infirmière m'a aidé pour cela. Ma raison peu à peu s'est tue, et mon c½ur a parlé. Ma fille a pris confiance en moi, de plus en plus confiance en moi, et de moins en moins dans les soignants. Et nous sommes aujourd'hui, toutes les deux, prises au piège d'une symbiose dangereuse. Je ne peux plus l'aider, trop pleine que je suis d'elle et de ses souffrances. Elle ne peut plus se faire soigner tant elle a intégré mes angoisses et mes doutes face aux soignants.
Je dois réapprendre le recul, et doucement lui apprendre à faire confiance à d'autres qu'à moi-même, la laisser gérer seule ses peurs et lui donner ainsi l'occasion de trouver ses propres solutions.
Cela n'est pas facile. Trop de larmes retenues, trop de révolte, trop d'impuissance face à un monde hospitalier inhumain, trop de solitude, de silence, de non-dit, vécus dans les couloirs des hôpitaux.

Mon attitude agressive est simplement le reflet d'un amour et d'une souffrance de mère, qui, depuis de longues années, porte son enfant. Peut-être s'agit-il tout simplement de ne plus le porter ? D'accoucher enfin d'une petite fille de 9 ans, capable de vivre autonome ?
Je suis moi, et elle est elle, nous sommes donc deux !
Mais ce n'est vraiment pas facile de faire taire, dans le c½ur d'une mère, l'angoisse de la maladie. Il ne suffit pas de dire «ne vous angoissez pas, madame». C'est un long chemin, un travail sur soi-même, en profondeur, et qui touche des racines inconscientes.

Je demande à tous les soignants, et donc à moi-même, de ne pas juger les gens sur leur façon d'exprimer leur douleur, leur souffrance. Je veux baisser les armes, je veux essayer de ne plus tout maîtriser, je veux essayer de faire confiance.
Seul, l'amour dénué de possession peut faire s'épanouir la vie.
Marie Montard-Russier

Le témoignage ci-dessus a été écrit par une maman dont la fille était en attente d'un greffe du foie... rien à voir avec le diabéte si ce n'est la douleur d'une mère face à la souffrance de son enfant... face à sa propre impuissance ! Cette maman a écrit elle aussi son douloureux parcours avec sa fille dans un ouvrave intitulé "La petite fille abricot" qui a été édité par l'association Sparadra mais qui est malheureusement épuisé...Si vous êtes concerné par ce témoignage, si vous êtes vous aussi dans l'attente d'une greffe pour votre enfant, vous pouvez contacter Marie sur son mail personnel. Mariemage@aol.com Sa fille, agée de 16 ans, mène aujourd'hui une vie parfaitement "normale" d'un point de vue médicale... elle est aujourd'hui chanteuse et comédienne ![/c]

# Online seit Mittwoch, 08. März, 2006 um 05:48

Geändert am Mittwoch, 26. September, 2007 um 10:16